L'ART IMIGONGO

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Rwanda

Ala découverte de l’art Imigongo

 

Au Rawanda, la bouse de vache ne sert pas que de fumier. Dans la région du Sud-Est du pays proche de la Tanzanie, les veuves du génocide s’en servent pour créer des motifs de décoration

 

L'art Imigongo est un art décoratif traditionnel rwandais, constitué de panneaux peints de motifs géométriques colorés ou en noir et blanc. Le matériau de base qui permet d'obtenir un effet de relief avec des arêtes saillantes est la bouse de veau. Les motifs abstraits qui ornent l'intérieur des maisons apparaissent aussi sur la vannerie, la boiserie, la poterie et certaines parures rwandaises. Traditionnellement exécuté par les femmes, l'art Imigongo est caractéristique de la région du Sud-Est, proche de la Tanzanie.

Imigongo est le pluriel de umugongo qui signifie « dos » en kinyarwanda, la langue nationale. Ce terme peut se référer au dos d'une personne, d'un animal, d'un objet, ou encore à la crête d'une colline, voire à la colline elle-même.

Au début du 19ème siècle vécut le prince Kakira, fils du Roi de Gisaka dans l’ancienne province de Kibungo, aujourd’hui Province de l’Est. Ce prince a inventé l’art d’embellir les maisons avec des motifs géométriques sur les murs, en variant les couleurs (noir, blanc, rouge bordeaux, etc.).

Transmis oralement de génération en génération par les femmes, cet art s'est trouvé en péril au lendemain du génocide de 1994 : beaucoup de maisons décorées avaient été détruites et de nombreuses femmes porteuses de la tradition avaient perdu la vie dans le conflit.

Cependant, à partir de 1997, et surtout après 2001, certaines veuves rescapées se sont mobilisées pour faire revivre cet art, notamment dans le cadre de l'Association Kakira, à Kavuzo, dans le district de Rusumo. Leurs productions sont désormais vendues à Kigali et à l'étranger.

De nouveaux motifs sont apparus, pas nécessairement abstraits.

Technique

Les femmes suivent tout d'abord les troupeaux pour récolter la bouse de veau qui constitue le matériau de base. Dans les collines elles recherchent la terre qui permettra d'obtenir les pigments nécessaires : blanc, rouge brun, gris perle et jaune beige. En complément de ces couleurs d'origine minérale, le noir est obtenu à partir de la macération d'un jus de feuilles d’aloès (igikakarubamba) mélangé à de l'urine de vache.

Les femmes dessinent ensuite des motifs géométriques sur une planche en bois, puis confectionnent une pâte avec de la bouse, de la cendre et de l'urine. Celle-ci est modelée en suivant le motif, formant ainsi de fines crêtes et des sillons.

Après lissage et séchage, elles appliquent d'abord un enduit jaune-beige, puis les couleurs elles-mêmes.

La coopérative KAKIRA utilise des produits naturels, comme la bouse de vache qui forme la structure de la peinture murale. Le rouge est produit à partir de la terre, le blanc à partir du kaolin, la terre glaise fournie l’ocre, le noir brillant est fabriqué à partir de la cendre d’épluchures de bananes, mélangée au suc d’aloès et au fruit de la plante solanum aculeastrum.

Les « IMIGONGO » de la coopérative KAKIRA représentent un sommet de l’artisanat africain contemporain.

 

 

Côte d'Ivoire Artisanat et PME

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