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YACOUBA KOBEOGO"LE KILLO DE VIANDE EST PLUS CHERE AU GHANA QU'EN COTE D'IVOIRE"

Yacouba Korbéogo (Président des tuteurs-marchands de bétails en Côte d’Ivoire)

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A quelques jours de la fête de la Tabaski 2012 et en prélude aux fêtes de fin d’année, Côte d’Ivoire Artisanat et PME est allé à la rencontre de M. Yacouba Korbéogo, président des tuteurs-marchands de bétail de Côte d’Ivoire. Il nous parle de  la corporation, des rapports avec le ministère du Commerce et de l’approvisionnement du marché ivoirien. Sans faux-fuyant, il se déclare inquiet à ce propos, en raison de l’offre des pays comme le Ghana ou le Nigeria.   

« Nous sommes inquiets… »

Pouvez- vous vous présenter à nos internautes ?

Je suis Yacouba Korbéogo, président des tuteurs-marchands de bétail en Côte d’Ivoire.

En quoi consiste votre travail ?

Notre travail consiste à recevoir les animaux venant de l’hinterland et à les mettre sur le marché, également à héberger les éleveurs qui viennent avec leurs troupeaux.

Depuis combien d’années l’association des tuteurs marchands existe-t-elle ?

L’association des tuteurs marchands existe officiellement depuis quatre (4) années. Auparavant, nos pères exerçaient ce métier de façon informel sur le site de l’actuel hôtel Ivoire puis de la gare à Treichville.

De combien de membres se compose le bureau de votre association ?

 Le bureau est composé de quatre (4) vice-présidents, un Ivoirien, un Mauritanien, un Burkinabé, un Malien, un secrétaire et un commissaire au compte. Tous les pays qui commercialisent du bétail en Côte d’Ivoire y sont représentés. Sont également membres de l’association les éleveurs qui vendent leurs bêtes en Côte d’Ivoire. L’association travaille en bonne intelligence avec le président du parc et le conseil des sages qui intervient pour régler les problèmes pouvant surgir entre les éleveurs.

D’où est-ce-que vous provient le bétail et comment se fait l’approvisionnement du marché?

Nous recevons le bétail de l’extérieur, précisément du Burkina Faso, du Mali, du Niger et de la Mauritanie. Nous avons de bons contacts avec les commerçants de ces pays. Ils nous informent de leur arrivée à des dates précises. Par conséquent, nous avons le nombre exact de bêtes qui arrivent. A leur arrivée, nous nous chargeons du débarquement. Compte tenu du fait que le voyage dure deux (2) à trois (3) jours, nous attendons un (1) ou deux (2) jour(s), le temps que les bêtes reprennent des forces pour procéder à la commercialisation.

Comment se fait la prise en charge des éleveurs ?

Après qu’ils aient franchi la frontière, les éleveurs sont à notre charge pour toutes les formalités, quelque soit ce qui se passe, jusqu’à Abidjan. Nous nous chargeons de les héberger, de les nourrir et de les accompagner dans la commercialisation de leur bétail. Nous faisons un travail de courtier, ce que beaucoup de personnes ignorent au point de nous accuser de faire de la surenchère.

 

Comment sont rétribués vos services de courtier de bétail ?

Nous percevons cinq mille (5000) francs CFA par tête sur le bétail. C’est avec cet argent que nous nous occupons de l’hébergement, de la nourriture des éleveurs ainsi que de bien d’autres choses. Lorsque les bouchers auxquels nous confions la vente d’un animal sont défaillants, c’est encore nous qui servons de garantie pour rembourser l’éleveur.

Quels sont vos rapports avec le ministère du commerce et le ministère des ressources halieutiques ?

Il existe de bons rapports entre ces deux ministères et nous. Ces ministères veulent que nous quittions l’informel pour aller vers une organisation formelle qui disposerait d’un agrément. Sur ce point, les discussions se poursuivent.

Pouvez-vous garantir l’approvisionnement du marché pour les fêtes de fin d’année ?

Nous sommes inquiets en ce qui concerne l’approvisionnement du marché ivoirien pour les fêtes. Le bétail se fait rare sur les marchés de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Il y a deux (2) ans, nous avons effectué une tournée de sensibilisation en compagnie du ministre du commerce dans la sous région, les moutons sont arrivés et n’ont pu être écoulés. Le même scenario s’est produit l’année dernière. Les éleveurs ont été contraints de vendre à perte. Tout ceci a eu pour conséquence de les décourager. Certains ne veulent plus revenir. D’autres se sont reconvertis en orpailleurs. La filière a en outre, été confrontée à la sécheresse. Au Burkina Faso aujourd’hui, la pintade se négocie à 3500 francs CFA…

Ce qui suppose une augmentation des prix en Côte d’Ivoire alors ?

 Les prix ont déjà augmentés. Ce que refusent d’admettre les gens. Le kilogramme de viande se vend à l’abattoir de Port-Bouet à 2200 francs CFA. Au Burkina Faso, il coûte 2800 francs CFA.

Comment cela s’explique-t-il ?

Je vais vous le dire. A Bobo-Dioulasso, une ville qui compte un million d’habitants  environ, les bouchers ne peuvent pas abattre plus de cent bêtes par jour. En outre, les éleveurs préfèrent vendre leurs bétails au Ghana ou au Nigeria, où les prix pratiqués sont plus intéressant pour eux. Le kilo de viande s’y négocie entre 3000 francs CFA et 3500 francs CFA. Voilà la réalité.

Avez-vous fait des propositions à la tutelle en vue d’améliorer les choses ?

Suite à une rencontre que nous avons eu avec le ministre du commerce, le comité interministériel a pris la décision de rendre effective la fluidité routière. Cette mesure devrait impacter le prix du kilogramme de viande. Malheureusement, c’est le coût de revient de l’animal qui est cher. Une bête bien en chair coûte entre 300.000 francs CFA et 400.000 francs CFA au Burkina Faso. Ce qui n’était pas le cas avant. L’alimentation du bétail coûte cher aujourd’hui. Nous sommes obligés d’acheter la nourriture pour bétail aux Grands Moulins  d’Abidjan pour l’expédier au Burkina Faso. Ce qui ne se faisait pas.

Quelles sont vos attentes et souhaits ?

Nous souhaitons que l’Etat de Côte d’Ivoire nous écoute. Que l’Etat nous aide à promouvoir l’élevage. C’est la solution à la cherté de la viande.

 

LE MAITRE CHOCOLATIER : Mme SUZANNE DAHER L'AMBASSADRICE DU CHOCOCLAT MADE IN COTE D'IVOIRE

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Le Maitre chocolatier


En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, le métier, aussi paradoxale que cela puisse paraitre, n’est pas très répandu. Afin donc de promouvoir, cette activité qui apporte une valeur ajoutée au cacao et nourrit bien son homme, Côte d’Ivoire Artisanat et PME vous invite à la découverte du métier de Maitre-chocolatier.  

 

Le Maitre-chocolatier est un créateur  de recettes qui  fabrique sa propre masse de cacao à partir de la fève de cacao. Pour se faire, certains maîtres-chocolatiers se mettent en rapport avec les planteurs pour disposer de produits de qualité utiles à leurs créations. D’autres travaillent dans des usines quand bien d’autres encore achètent du chocolat préfini et pour le travailler. Son activité requiert la mise en œuvre d’ équipements mécanisés et des techniques de surgélation.

Conditions générales d'exercice du métier :

Le métier s'exerce dans le  laboratoire d'une entreprise de type artisanal (boulangerie-pâtisserie, pâtisserie, confiserie...), dans une entreprise de restauration, chez un traiteur, dans une grande ou moyenne surface ou encore dans une PME-PMI. Il  est tenu de manière isolée ou au sein d'une équipe organisée en postes de travail. Les jours et horaires de travail sont commandés par le mode de commercialisation, le type d'entreprise et de production : l'activité débute souvent avant six heures le matin dans l'artisanat, est organisée en équipes dans les grandes et moyennes surfaces et peut être postée dans l'industrie.

Formation :

En Côte d’Ivoire,  l'apprentissage se déroule à la Maison du chocolat ivoirien. C’est d’ailleurs la seule structure qui offre cette formation sur place. Pour les personnes désireuses d’acquérir une formation diplomante, il va falloir se rendre en Europe où, l'accès direct au métier est également possible à partir de formations de niveau CAP de pâtissier-confiseur-chocolatier-glacier ou CAP de chocolatier-confiseur.

Durée de la formation :

Selon Mme Suzanne Daher de la Maison du chocolat ivoirien, il faut 2ans pour former un aide-chocolatier. Accéder au grade de chocolatier nécessité 5 à 6 années. C’est donc au-delà de cette période qu’on peut aspirer au titre de Maitre- chocolatier.

Qualités requises :

-          Avoir la passion du chocolat

-          Etre doté d’un esprit créatif

-          Etre un gros bosseur et travailleur de longues heures pour pouvoir peaufiner son art

-          Etre persévérant

-          Faire preuve de rigueur et de minutie

Débouchés :

Le Maitre chocolatier peut s’installer à son propre compte ou travailler dans une usine. Une double compétence en boulangerie et en pâtisserie constitue alors un atout supplémentaire.

Rencontre avec

Madame Suzanne Daher  (La Maison du Chocolat Ivoirien)

L’ambassadrice du chocolat made in Côte d’Ivoire

Au pays du cacao, elle reste l’ambassadrice du chocolat ivoirien. Qui mieux que Suzanne Daher, la seule maitre chocolatière de la sous-région ouest-africaine pour nous parler de sa passion et des projets pour son pays, la Côte d’Ivoire.

Lorsque nous décidons de la contacter pour parler de son métier, nous étions loin de nous imaginer que Suzanne était une femme très occupée. C’est sans aucune forme de procédure qu’elle décide de nous recevoir. A notre arrivée à la Maison du chocolat sis à la rue Thomas Edison, nous la trouvons en séance de travail avec un de ses collaborateurs. Le temps de nous recevoir, elle donne des instructions afin que nous soyons installés. C’est le salon de thé, «Les Douceurs de Suzanne » qui nous accueille, l’endroit est épuré et aseptisé. L’odeur du chocolat nous chatouille les narines. Sur les murs trônent des photos de l’époque coloniale qui en disent long sur l’histoire de la Côte d’Ivoire. Une histoire intimement liée à celle du cacao.

Bon pour la santé

Suzanne qui entretemps a fini a achevé sa séance de travail nous rejoint. L’entretien après les salamalecs d’usage, peut  commencer. Elle nous informe de la tenue de la première conférence mondiale sur le cacao à Abidjan, du 19 au 23 novembre. A l’aide d’une plaquette de présentation qu’elle nous fait remettre, elle nous parle des vertus du chocolat, de ses bienfaits sur la santé. Principalement le chocolat crû dont la saveur interne est sept fois plus riche en antioxydant que le cacao grillé. Il contient plus de 300 éléments nutritifs qui en font l’un des aliments les plus riches de la planète. Une bombe énergétique disponible uniquement à la Maison du chocolat ivoirien. 

Ses projets

Seule Maitre chocolatière de la sous-région, Suzanne nous explique la différence avec un chocolatier. « Le chocolatier achète du chocolat en tablette de couverture c’est-à-dire  des blocs de chocolat de 2,5 kilos qui sont fabriqués dans les usines qu’il ensuite cristallise et fourre ses produits pour les mettre à la vente finale. Tandis que, le maître chocolatier fabrique sa propre masse de cacao à partir de la fève de cacao. »

Devenir Maitre chocolatier s’apprend, nous informe-t-elle « Il y a des écoles  qui forment premièrement des chocolatiers et ensuite il y a la passion et les diverses formations qui vous pousse à apprendre, à créer un parfum spécial. Pour cela on va aller récupérer notre cocktail de cacao, on va travailler avec une usine qui va nous mettre en place une fiche technique pour nous faire sortir un arôme un peu spécial pour notre travail à nous afin de différencier  les parfums selon les pays. », confie t-elle. Malheureusement en Côte d’Ivoire, il n’existe aucune école de ce type. D’où son projet d’en créer une. Des études en ce sens sont menées. L’école se chargera d’accueillir et de former les jeunes ivoiriens qui aspirent au métier de chocolatier.  La matérialisation du chantier dépendra de beaucoup de paramètres : la situation du pays, l’accueil que réserveront les autorités au projet, le financement qui se chiffre entre 4 et 5 milliards de F CFA. Pour l’heure, Suzanne s’attèle à la formation de deux jeunes ivoiriennes dont elle se dit très fière. «Dans quelques années, on entendra parler d’elles », jure t-elle confiante.

A court terme ; Suzanne nous apprend que La maison du chocolatier Ivoirien aura dans six (6) mois une usine qui va produit du chocolat qui couvrira tout le marché ivoirien. Ce sera un chocolat-santé qui n’a rien avoir avec les produits qu’on retrouve au supermarché sans valeur nutritive, ni    anti-oxydant. Pari d’une femme de foi qui croit en l’avenir du cacao ivoirien et qui se bat pour le promouvoir. Si vous êtes à Marcory, n’hésitez pas à y  faire un tour, pour (re) découvrir les saveurs d’un chocolat bio.

Encadré

Repère

Créée en 2006, la Maison du chocolat Ivoirien débute ses activités commerciales, le 08 Novembre 2008. L’équipe qui comptait cinq personnes au départ s’est agrandie. Aujourd’hui, l’entreprise emploie une trentaine d’agents. La particularité du personnel réside dans le fait qu’à l’atelier l’équipe n’est constitue que de femmes. Il ya bien sûr des hommes. Mais ces derniers se retrouvent surtout au salon de thé où, ils assurent le service.

 

 

 

LES GRANDS PROJETS DU MINISTERE DE L'ARTISANAT ET DES PME

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Les grands projets du Ministère de l’Artisanat et des PME

Le Ministère de l’Artisanat et de la promotion des PME a profité de la deuxième édition de la Journée nationale des PME, qui s’est déroulée du 11 au 12 octobre à l’auditorium de la CAISTAB au Plateau pour dévoiler ses projets.

Le Ministère de l’Artisanat et de la Promotion des PME est chargé de la mise en œuvre et du suivi de la politique du Gouvernement en matière de promotion et de développement de l’artisanat et des PME.

         A ce titre, il a l’initiative et la responsabilité des actions suivantes :

 la définition et la mise en œuvre d’un cadre institutionnel et réglementaire relatif aux activités du secteur de l’artisanat et des PME ;

  la définition et la mise en œuvre d’une politique de financement des entreprises du secteur de l’artisanat et des PME en liaison avec le Ministère de l’Economie et des Finances ;

  la définition et la mise en œuvre d’une politique d’encadrement et de modernisation du secteur informel.

  l’organisation et la promotion de la commercialisation des produits du secteur de l’artisanat et des PME;

1. Actions réalisées

1.1 Amélioration du cadre juridique
            et institutionnel

  Prise du décret n°2012-05 du 11 janvier 2012 portant définition de la PME

         - Définition de la PME

         - Segmentation des PME

  Elaboration d’un arrêté portant création d’un cadre de concertation Etat/Secteur des PME-Artisanat

      creuset d’échanges entre l’administration et les acteurs du secteur des PME et de l’artisanat

  Elaboration d’un projet d’arrêté modifiant l’arrêté portant création du Comité National de Suivi du Programme d’Actions pour la Promotion et le financement des PME dans l’UEMOA      

  Elaboration du projet de loi d’orientation portant Promotion des PME

  Elaboration du projet de loi portant code de l’artisanat

  Organisation des élections à la CNMCI

            -1 Président National

            -12 Présidents régionaux

            -105 Comités Inter professionnels Départementaux


 1.2  Renforcement de l’appui technique ET FINANCIER

           

  Restructuration du dispositif d’appui technique et financier

            - Restructuration du FIDEN

             -Revitalisation de l’INIE

            -Délocalisation du FAPA

2. LES PROJETS EN COURS

2.1 Construction d’infrastructures d’implantation des acteurs des PME et des artisans

  Projet de construction de la Casse Moderne de N’dotré

            - Purge des droits coutumiers

            - Appel d’offre international

            - Discussions avec un opérateur

  Projet de construction d’un site de recasement de 693 artisans à Abobo–Sagbé

  Projet de construction d’un Marché Moderne de Vannerie à Modeste (Bassam)

2.2 Facilitation de l’acces  au financement

  Création d’un Fonds de garantie aux PME

         Engagement de l’Etat à mettre en place un Fonds de garantie de 10 Milliards

            - Mode opératoire prêt

            - Projet de décret élaboré

            - Banques partenaires identifiées

  Sensibilisation sur le crédit bail

2.2 Autres projets

   Identification des PME

            - Lancement officiel du projet

            - Phase pilote achevé

             - Démarrage de l’opération ce 11 octobre 2012 sur toute l’étendue du territoire.

  Programme National de création d’incubateurs d’entreprises

            - Etudes élaborées

            - Financement disponible

3. PERSPECTIVES

3. Actions à réaliser

         Au titre du PND 2012-2015, plusieurs projets ont été programmés et devraient connaitre un début d’exécution. Il s’agit entre autres de :

  La création de l’observatoire des PME

  La création de Centres de Ressources Professionnelles

  La création de zones d’implantation des PME

  Le Renforcement des capacités des organisations professionnelles

Conclusion        

       Le Gouvernement s’est engagé à faire du secteur des PME le moteur de la relance économique.

          Le Ministère de l’Artisanat et de la Promotion des PME travaille a créer progressivement les conditions qui vont permettre aux PME de jouer pleinement leur rôle. Les défis sont nombreux.


ARTHUR ZANG : LE CONCEPTEUR DU CARDIOPAD

 

Arthur Zang, le concepteur du cardiopad

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A 24 ans, Arthur Zang,  jeune ingénieur camerounais a décidé de se mettre au service de ses compatriotes malades du cœur. Il vient de mettre sur le marché  la première tablette africaine à usage médical. Son utilité, consulter les malades à distance et transférer, via un téléphone portable, les fréquences cardiaques des patients.

Quand on a 24 ans, on a généralement des rêves plein la tête. Arthur Zang lui, a décidé de donner vie aux siens en concevant la première tablette africaine à usage médical. Au Cameroun, son pays, qui compte environ 20 millions d’habitants, les cardiologues ne courent pas les rues. Ils sont une vingtaine généralement regroupés dans les grandes villes. Obtenir dans ces conditions un rendez-vous avec l’un d’eux relève de la croix et la bannière. Tant sont longues les listes d’attente. Faute de soins, des milliers de camerounais meurent chaque année suite à des complications cardiaques qui ne sont pas traitées à temps.

C’est au cours du stage académique qu’il effectue à l’hôpital général de Yaoundé en 2012, que le jeune homme prend conscience de l’ampleur des difficultés de ses compatriotes malades du cœur à accéder à une consultation. L’idée vient à cet ingénieur en génie informatique, de créer la première tablette tactile (Cardio Pad) à usage médical. En juin 2012, avec le soutien financier du gouvernement camerounais, qui lui octroie 20 millions F CFA, (305 000 euros) il parvient à concrétiser la première partie de son projet en se rendant en Chine pour acquérir les composants à la fabrication du Cardio Pad. Les 30 premiers Cardio Pad sont assemblés à Yaoundé.

Comment ça marche ?

De façon pratique, le patient est connecté à des électrodes placées sur son cœur; lesquelles sont connectées à un module appelé Cardio Pad Acquisition Mobile (CAM) qui permet, via une interface Bluetooth, de transmettre le signal cardiaque au Cardio Pad, après numérisation du signal. On peut ensuite lire les battements de cœur, la fréquence cardiaque, ainsi que les intervalles entre chaque battement qui s'affichent sur le Cardio Pad, etc. Toutes ces données sont ensuite stockées dans un fichier, puis envoyées sur le Cardio Pad du cardiologue via un réseau de télécommunication mobile.

La mobilité et le stockage des données que confère le Cardio Pad sont deux des atouts majeurs de l'invention. En effet, le cardiologue pourrait ne pas être à l'hôpital, mais recevoir instantanément les résultats d'un patient, faire le diagnostic et administrer le traitement adéquat via son Cardio Pad. C'est de la télémédecine.

Pour parvenir à ce résultat, le jeune  inventeur formé à l'Ecole Nationale Supérieure Polytechnique (ENSP) de Yaoundé,  a dû concevoir un système d'acquisition, de traitement et de transmission du signal cardiaque via un réseau de téléphonie mobile (GSM pour l'instant). Mais il a également fallu qu'il développe un logiciel (Mobile Cardio OCG) qui permet d'acquérir, d'amplifier et de filtrer les fréquences cardiaques d'un malade. N'ayant pas de formation avancée en électronique, Arthur Zang a dû s'inscrire dans une université indienne pour suivre, à distance, des cours d'électronique numérique et de systèmes embarqués. C'est à la fin de cette formation qu'il a pu concevoir la tablette tactile Cardio Pad sur le plan électronique.


Le Cardio Pad est constitué d'un écran tactile LCD de 10 pouces. Toutefois, son inventeur prévoit différentes tailles en fonction des usages (7, 8 et 9 pouces).

30 000€ pour 25 Cardiopad

Microsoft Afrique Centrale a suivi de près les travaux autour du Cardiopad. Le directeur s'est déplacé en personne pour rencontrer ce jeune ingénieur. « Il faut intégrer à Cardiopad une intelligence d'acquisition. Qu'elle soit analogique ou numérique. On doit pouvoir à terme se libérer de la contrainte d'un cardiologue », a-t-il conseillé.

Maintenant, il ne reste plus qu'à mettre au point le financement. «Avec 25 000 ou 30 000 euros (16 250 000 Francs CFA), je peux produire 20 ou 25 tablettes Cardiopad. Certains Cardiopad seront destinés aux cardiologues et d'autres équiperont les centres de "télécardiologie" de chaque région. Donc, avec 25 000 ou 30 000 euros, je peux couvrir la totalité du territoire camerounais avec au minimum deux centres de télémédecine par région », explique le jeune inventeur.

Arthur Zang a entamé le processus d'obtention de son Brevet auprès de l'OAPI (Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle) et/ou de l'OMPI (Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle) afin de protéger son invention.

 


 

L'ART IMIGONGO

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Rwanda

Ala découverte de l’art Imigongo

 

Au Rawanda, la bouse de vache ne sert pas que de fumier. Dans la région du Sud-Est du pays proche de la Tanzanie, les veuves du génocide s’en servent pour créer des motifs de décoration

 

L'art Imigongo est un art décoratif traditionnel rwandais, constitué de panneaux peints de motifs géométriques colorés ou en noir et blanc. Le matériau de base qui permet d'obtenir un effet de relief avec des arêtes saillantes est la bouse de veau. Les motifs abstraits qui ornent l'intérieur des maisons apparaissent aussi sur la vannerie, la boiserie, la poterie et certaines parures rwandaises. Traditionnellement exécuté par les femmes, l'art Imigongo est caractéristique de la région du Sud-Est, proche de la Tanzanie.

Imigongo est le pluriel de umugongo qui signifie « dos » en kinyarwanda, la langue nationale. Ce terme peut se référer au dos d'une personne, d'un animal, d'un objet, ou encore à la crête d'une colline, voire à la colline elle-même.

Au début du 19ème siècle vécut le prince Kakira, fils du Roi de Gisaka dans l’ancienne province de Kibungo, aujourd’hui Province de l’Est. Ce prince a inventé l’art d’embellir les maisons avec des motifs géométriques sur les murs, en variant les couleurs (noir, blanc, rouge bordeaux, etc.).

Transmis oralement de génération en génération par les femmes, cet art s'est trouvé en péril au lendemain du génocide de 1994 : beaucoup de maisons décorées avaient été détruites et de nombreuses femmes porteuses de la tradition avaient perdu la vie dans le conflit.

Cependant, à partir de 1997, et surtout après 2001, certaines veuves rescapées se sont mobilisées pour faire revivre cet art, notamment dans le cadre de l'Association Kakira, à Kavuzo, dans le district de Rusumo. Leurs productions sont désormais vendues à Kigali et à l'étranger.

De nouveaux motifs sont apparus, pas nécessairement abstraits.

Technique

Les femmes suivent tout d'abord les troupeaux pour récolter la bouse de veau qui constitue le matériau de base. Dans les collines elles recherchent la terre qui permettra d'obtenir les pigments nécessaires : blanc, rouge brun, gris perle et jaune beige. En complément de ces couleurs d'origine minérale, le noir est obtenu à partir de la macération d'un jus de feuilles d’aloès (igikakarubamba) mélangé à de l'urine de vache.

Les femmes dessinent ensuite des motifs géométriques sur une planche en bois, puis confectionnent une pâte avec de la bouse, de la cendre et de l'urine. Celle-ci est modelée en suivant le motif, formant ainsi de fines crêtes et des sillons.

Après lissage et séchage, elles appliquent d'abord un enduit jaune-beige, puis les couleurs elles-mêmes.

La coopérative KAKIRA utilise des produits naturels, comme la bouse de vache qui forme la structure de la peinture murale. Le rouge est produit à partir de la terre, le blanc à partir du kaolin, la terre glaise fournie l’ocre, le noir brillant est fabriqué à partir de la cendre d’épluchures de bananes, mélangée au suc d’aloès et au fruit de la plante solanum aculeastrum.

Les « IMIGONGO » de la coopérative KAKIRA représentent un sommet de l’artisanat africain contemporain.

 

 

LA TUBERCULOSE PULMONAIRE : COMMENT L'EVITER ?

Ce mois-ci notre rubrique s’intéresse à une maladie mal connue mais qui fait d‘innombrables victimes en Côte d’Ivoire (environ 16000 malades), cette maladie c’est la tuberculose pulmonaire. Le Docteur Ahui Brou Jean-Marcel, pneumologue  au  centre hospitalier universitaire (CHU) de Cocody nous définit cette maladie, son mode de contamination, la manière dont elle se manifeste. Il aborde également la thérapie comment pour les personnes infectées et les dispositions à prendre pour la prévenir chez les sujets sains.

Docteur  qu’est ce que la tuberculose pulmonaire ?

 La tuberculose pulmonaire est une maladie infectieuse très contagieuse due à une bactérie appelée mycobacterium  tuberculosis hominis ou bacille de Koch (K B).

Quel est son mode de contraction ?

 Elle se contracte essentiellement par voie aérienne c’est-à-dire qu’elle se contracte essentiellement par l’action qu’effectue un sujet malade tousser,  éternuer, bailler, parler à haute voix devant un sujet sain.

Comment se manifeste-t-elle ?

Le sujet atteint à de la fièvre qui survient surtout dans la soirée. On note également un amaigrissement. Il devient anorexique c’est-à-dire qu’il manque d’appétit.  Il a des sueurs nocturnes. Si le sujet est une femme en âge de procréer, en plus de tous les symptômes précédemment cités, on remarque parfois une absence ou des troubles des menstrues (règles).Tout ces symptômes sont communs aux malades atteints des diverses formes de tuberculose. L’unique symptôme permettant de confirmer qu’il s’agit d’une tuberculose pulmonaire est une  toux excédant deux (2) semaines qui peut s’accompagner de crachat mêlé de sang.

Existe-t-il une thérapie contre cette maladie ?

Depuis plus  soixante (60) années, il existe en Côte d’Ivoire un traitement gratuit qui a pour but la guérison du sujet malade. Ce traitement qui dur six (6) mois et qui se prend tous les matins à jeun est délivré dans les treize (13) centres antituberculeux. Il en a cinq (5) à Abidjan, Adjamé, Treichville, Abobo, Yopougon et Koumassi).

Comment l’éviter ? 

Pour l’éviter, certaines mesures sont nécessaires :

  • Se faire dépister
  • Veiller au grain afin que le tuberculeux puisse prendre correctement ses médicaments sur surveillance
  • Eviter de tousser, de cracher n’importe où
  • Après constatation d’une toux qui persiste depuis plus de deux (2) semaines malgré des traitements antibiotiques, se rendre à l’hôpital
  • Améliorer l’environnement et les conditions de vie des personnes c’est-à-dire la salubrité, la nourriture, éviter la promiscuité (un studio pour cinq personnes, cours communes)  

Recette : LE BIEKO-SEU

           LE BIEKO-SEU

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                                                         LE BIEKO-SEU

                                               La sauce au jus de piment

Plat des attié, ethnie du centre –sud de la côte d’ivoire, le bieko-seu est une sauce au piment et au poisson cuit à l’etouffée.il est un savant mélange des produits de la région des lagunes.

Ingrédients pour 6 personnes

                                                

La sauce aubergine

  • 8 Aubergines africaines
  • 1 Poignée de gnagnan
  • 5 Piments frais
  • 2 Oignons
  • 2 Cubes d’assaisonnement
  • Sel
  • 3 belles tomates

Le poisson a la sauce piquante

  • 6 Machoiron frais
  • 6 Piment rouge
  • 4 Tomates
  • 2 Oignons
  • 2 Cuillerées à soupe d’huile d’arachide
  • 1 Cube d’assaisonnement
  • Sel

PREPARATION

       

 Première étape la sauce aubergine 

Equeutez les aubergines. Coupez –les en deux dans le sens de la hauteur.

Pelez les oignons en lamelles très fines.

Dans une casserole contenant1, 5litre d’eau et une pincée de sel, mettez à bouillir aubergines, tomates, oignons et piments pendant 30 minutes.

Pendant ce temps, vous pouvez déjà découper les légumes de la deuxième étape et les écraser.

Retirez l’aubergine, la tomate, et le piment, puis écrasez-les avant de les remettre dans leur bouillon qu’on aura laissé mijoter.

Au bout de 30 minutes de cuisson, ajoutez les deux cubes et laissez mijoter encore 10minutes à un feu doux 

Deuxième étape le poisson à la sauce piquante

Tapissez l’intérieur d’un faitout(ou cocotte-minute) de feuilles de jonc (feuille d’Attieke) .posez dessus les poissons, les légumes écrases, le cube d’assaisonnement et arrosez le tout avec de l’huile.

Fermez le faitout de façon a n’en laisser échapper aucune vapeur et laissez cuire 45minutes, vous servirez les deux sauces séparément accompagnées de foutou banane, riz ou de l’Attieke.   

 

Préparation : 30 minutes

Cuisson : 2 heures pour les deux étapes                                  

Editorial

Editorial

Le salut par l’identification

De 2 à 10 milliards de FCFA. C’est le bond que vient de faire le budget consacré à l’Artisanat et aux PME en Côte d’Ivoire. L’annonce a été faite par le premier responsable de ce département ministériel, lors de la deuxième édition des Journées nationales des PME, à l’auditorium de la CAISTAB au Plateau, les 11 et 12 octobre.

Sous le thème, « Les PME face aux défis de la relance économique », cette deuxième édition des journées consacrées aux PME a surtout mis l’accent sur les efforts consentis par le gouvernement pour faire des PME, le moteur de la relance économique : l’assainissement du cadre juridique et institutionnel, le renforcement du cadre de concertation Etat-PME, le développement des capacités de gestions de l’Artisanat et des PME.

L’enjeu, au-delà de la volonté de sortir le secteur de l’informel, c’est de lui donner les armes de sa compétitif, aussi bien sur le marché interne qu’à l’international, pour contribuer, in fine, à la création de richesse et d’emplois.

Preuve de la volonté du gouvernement à faire des PME le moteur de la relance économique, le ministre Konaté Sidiki a informé ses interlocuteurs de l’indemnisation prochaine des PME victimes des effets de la crise postélectorale, des investissements chiffrés entre  7 et 8 milliards FCFA au titre du budget 2012-2013, ainsi que  des 100 milliards de FCFA  prévus, au travers de certains mécanismes, pour inciter  l’Ivoirien à l’entrepreneuriat.

Toutefois, pour espérer des mesures d’appui et d’accompagnement qui se mettent en place, il va falloir se faire identifier. Loin de constituer une stratégie dans la traque fiscale aux petits et moyens entrepreneurs, l’identification apparait comme la voie du salut, de la survie et de la pérennité.

Outre la 2ème édition des Journées nationales des PME, votre magazine s’est intéressé à la Maison du chocolat ivoirien. Une PME qui se bat pour défendre le made in Côte d’Ivoire dans la chocolaterie avec, en projet, la création d’une Ecole de formation aux métiers du chocolat. Aussi surréaliste que cela puisse paraitre, au pays du premier producteur mondial de cacao, aucune structure de ce genre n’existe. Une initiative  à encourager qui aura l’avantage d’apporter une plus value au cacao ivoirien  et d’ouvrir des horizons nouveaux à la jeunesse en matière de création d’emplois.

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